Vie d'auteur

Le contrat d’édition : les points clés

Note cet article

Lorsqu’on est auteur, on peut avoir envie d’être édité par une maison d’édition, qu’elle soit de petite taille ou de grande envergure. Dans cet article, je vais donc vous donner quelques conseils concernant le contrat d’édition.

A noter que je ne parlerai que des contrats d’édition à compte d’éditeur (et non à compte d’auteur).

Je ne passerai pas en revue tous les points d’un contrat, je ne m’attarde que sur les points essentiels. Je vous renvoie aux articles en bas de page pour avoir plus d’infos.

Un contrat

Le contrat d’édition est un contrat comme son nom l’indique, ce qui signifie qu’il est négociable! Bien évidemment, tout ne sera pas accepté, tout n’est pas possible et il faut prendre en considération le fait d’être inconnu ou débutant (ou à l’inverse, avec une certaine notoriété). Les auteurs débutants ont tendance à se dire qu’ils sont chanceux d’avoir été repérés et à tout accepter sans oser négocier, demander des explications ou refuser certains termes.

Donc renseignez-vous, lisez bien le document, demandez conseil et ne sautez pas à pieds joints dans un contrat qui vous liera pour le meilleur et pour le pire…

La durée

C’est un point à vérifier car sans autre précision le contrat perdure 70 ans après le décès de l’auteur… Il faut donc exiger qu’une durée soit inscrite. Ce peut être 2 ans, 5 ans ou 10 ans. Tout dépend des maisons d’édition. Le but de l’auteur est de minimiser la durée pour pouvoir renégocier ses droits au moment du renouvellement du contrat ou quitter la ME si l’auteur veut aller tenter l’aventure ailleurs.

L’à-valoir

C’est la somme que vous touchez à la signature du contrat. Cette somme est un gage de confiance. Attention, c’est une avance, elle sera déduite de vos droits d’auteur. Ce n’est pas obligatoire, mais c’est signe que la ME est assez importante pour en proposer. Elle tourne souvent autour des 2000 euros pour un premier contrat.

Les droits d’auteur

Les droits d’auteur varient selon la popularité de l’auteur et la maison d’édition. En général de 8 à 12% environ (moins dans la littérature jeunesse). Lorsqu’on débute, on est souvent autour des 8 ou 10%. Ce n’est pas vraiment un point négociable, au sens où si on est réellement inconnu, on ne peut pas se permettre de demander un pourcentage plus élevé.

Il peut arriver que le taux soit progressif. Plus on vend, plus le pourcentage augmente.

Le pourcentage n’est pas le même pour le livre papier et le livre numérique. L’idéal étant de tenter de récupérer ses droits numériques (car les ME proposent un prix exorbitant, ne font que peu de pub pour le numérique, alors autant être en autoédition pour l’ebook et toucher 70%) et de laisser les droits du format papier à la ME. Toutes ne l’acceptent pas, c’est à négocier.

Les exemplaires auteur

Vous ne devez JAMAIS acheter d’exemplaires. En revanche, la ME peut vous proposer un tarif préférentiel pour que vous puissiez en acquérir VOLONTAIREMENT afin d’en vendre en salons ou autres. La ME peut aussi décider de vous en envoyer (gratuitement) afin que vous les offriez (famille, concours etc.).

Le tirage

Plus votre éditeur commandera d’exemplaires, plus il prendra la peine de faire de la publicité pour les vendre. C’est un point à vérifier, mais il vous sera difficile de le négocier.

Le droit de préférence

Ce droit peut rapidement être abusif car il exige que vous présentiez vos romans à venir à votre éditeur en priorité. Il faut faire retirer la clause ou exiger des conditions précises (un nombre d’ouvrages, une durée, un genre précis etc.). Certaines petites ME n’indiquent aucune précision, or la loi impose des limites: 5 ouvrages ou sur 5 ans et dans un genre déterminé.

Les droits audiovisuels

La cession des droits audiovisuels doit plutôt se faire dans un contrat distinct, pourtant il n’est pas rare de retrouver cette clause dans le contrat principal. Cela donne toute possibilité à la ME de gérer la production audiovisuelle. Comme les droits ont été cédés, elle peut accepter ou refuser sans vous consulter.

Dans le même ordre d’idée, vous pouvez poser des questions concernant les droits de traduction, les produits dérivés ou encore la version audio de votre roman.

Sachez aussi que la ME peut décider du titre et de la couverture sans avoir à vous consulter. Vous pouvez tenter d’insérer un droit de veto (pas toujours accepté) afin d’avoir votre mot à dire et refuser une couverture ou un titre que vous estimez très éloignés de votre histoire.

Pour aller plus loin…

Je vous renvoie au site de la SGDL pour avoir des informations explicites.

Ainsi qu’à cet article très intéressant.

J’avais aussi proposé un article concernant ma propre expérience sur mon site auteur.

Et voici un modèle de contrat d’édition proposé par la SGDL (une version non commentée et une version commentée):

J’espère que cet article vous aidera à y voir plus clair.

A bientôt
Audrey-Rêve d’Auteur


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2 commentaires

  • Laguilliez Sandra

    Dans un contrat, il est aussi intéressant de vérifier le nombre d’exemplaires remis à la presse. Cela peut-être désagréable de se rendre compte que l’on va devoir financer les livres remis pour les chroniques et les journalistes n’ont pas forcément envie d’acheter un roman, non plus.
    Autre point capital, dont vous n’avez pas parlé, c’est la remise du manuscrit. Combien de temps a l’auteur pour remettre la version définitif et/ou jeter un oeil aux épreuves. On peut se dire que ça prend 5 minutes, mais pas du tout. Je caricature mais si on a 5 jours ou 30 jours pour retourner le BAT c’est tout de même différent.
    On fera aussi l’effort de vérifier les droits annexes, même on n’a pas forcément l’idée que notre oeuvre deviendra un film (ou autre) savoir si on conserve ou non les droits d’adaptation est tout de même nécessaire.

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